Les artistes explorent les territoires variés de l’estampe :

- la lithographie est un art d’impression chimique où l’eau et la graisse s’opposent pour multiplier une image dessinée sur pierre
- la taille-douce (pointe sèche, burin, eau-forte, etc.) sont des techniques où le trait s’inscrit en creux
- la gravure en relief (ou taille d’épargne: linogravure, xylographie, etc.) consiste à enlever la matière autour du dessin
- les approches mixtes, expérimentales ou contemporaines, qui font dialoguer tradition et modernité
- le monotype est une image imprimée une seule fois par transfert depuis une matrice lisse (métal, verre, etc.)
Chaque estampe est à la fois une empreinte technique et une empreinte de sens — un signe imprimé dans le monde qui raconte un instant de pensée visuelle.

La presse et le papier
Le papier et la presse : deux forces discrètes qui décident de tout
En gravure, on parle souvent de la matrice, du geste, de la morsure. On oublie presque l’essentiel : rien ne se passe sans le papier et sans la presse. Ce sont eux qui reçoivent, qui traduisent, qui tranchent. La pression de la presse est le moment de vérité de la gravure, celui où l’image se révèle. C’est le moment des épousailles entre le papier et l’encre. La juste pression n’est jamais anodine : elle dépend du papier, de son humidité, de la profondeur de la gravure, de l’encre elle-même. Elle transforme la feuille en matière réceptive, capable d’épouser les creux les plus infimes. Sous les cylindres, le papier ne reçoit pas seulement l’image, il enregistre la force qui l’a produite. Cette tension maîtrisée crée le gaufrage, la netteté, la densité du noir ou la subtilité du gris. Régler la pression, c’est accepter le doute et l’ajustement permanent.

